INUKSHUK

«Celui qui agit en Homme»

Par Rémy Fleury

 
 

Le Groenland...


    Terre de légendes s’il en est, la plus grande île du monde se dresse pleine de richesses aux confins de l’Arctique. Grande comme cinq fois la France, la surface terrestre habitable de l’île équivaut à la taille de deux départements de notre pays. Aussi inhospitalière qu’elle soit, cette terre dispose de bien des ressources que le « kratouna » (l’homme blanc en langue Eskimau) apprend à connaitre et malheureusement à exploiter.

    Ethnologogiquement parlant, les peuplades de l’Est du Groenland n’ont été découvertes qu’en 1884 par un navigateur Danois. Il faudra attendre 1934 pour qu’un Français, Paul-Emile Victor, parte à la découverte de ce monde jusqu’alors inconnu. De part la présence de 10% des réserves d’eau douce mondiales et de celle, toute récemment découverte, de gisements de pétrole, le Groenland fait face depuis peu à une nouvelle menace, bien plus destructrice : l’exploitation abusive.

. Après avoir survécu pendant des millénaires à la rigueur du climat, à l’isolement et aux prédateurs, les Eskimaux voient aujourd’hui leur culture d’inspiration chamanique fondre aussi vite que leur banquise natale au profit de l’industrialisation et de l’exploitation de leur territoire ancestral. Et c'est affligé par cette constatation que l'ethnologue français, Jean Malaurie, tirait déjà la sonnette d'alarme il y a un demi siècle en appelant à protéger ces « derniers rois de Thulé ».

        Inukshuk veut dire « celui qui agit comme un Homme » en langue inuit, mais c'est aussi plus modestement un projet d'expédition en kayak à travers les fjords groenlandais, dans le sillage des chasseurs Inuits d'antan et sur les traces de Paul Emile Victor, à la rencontre de ce monde en péril.

 

Trois étudiants, livrés à eux-mêmes un mois, en kayak de mer, sur les traces de Paul Emile Victor, sur la côte Est du Groenland, dans le district d’Ammassalik... c’est ça Inukshuk.